LANDERNEAU Chemin des berges

Découverte du patrimoine et de la biodiversité.
Distance : 6,5 km – Niveau : Facile – Durée : Environ 2h00

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LANDERNEAU Chemin des berges

 

 

 

 

 

 

 

 

Le long de ce circuit, les berges de l’Elorn se révèlent. En longeant la rivière, vous découvrirez non seulement les éléments du patrimoine de Landerneau, mais aussi une biodiversité variée et préservée. Vous pouvez à tout moment raccourcir le chemin grâce aux ponts et aux passerelles qui enjambent l’Elorn. Vous devez suivre le balisage bleu.

 

Le départ se situe  sous le pont levant, derrière les terrains de sport de Saint-Ernel, chemin de halage.

Chemin de halage

En 1786 la commune de Landerneau adresse une supplique aux Etats de Bretagne afin de débloquer des subsides permettant l’aménagement d’un chenal. L’idée est ancienne, les anciens plans l’attestent dès le début du XVIIIe siècle, l’objectif étant de permettre l’accès au port de bateaux à plus fort tonnage. Alors qu’aux XVIIe et XVIIIe siècles, les bateaux fréquentant le port font 50 à 80 tonneaux, au siècle suivant, les navires font 200 voire 400 tonneaux.

A partir de 1810, le redressement du lit de la rivière maritime est amorcé, mais les travaux sont retardés, pour des questions techniques et financières. Beaucoup d’éboulements surviennent et annulent les travaux qui doivent sans cesse être recommencés. Le chenal s’achève en 1849 par la plantation de 666 arbres le long du chemin de halage.

20 ans plus tard, en 1861 on projette de le prolonger mais rien ne fut fait.

L’arrivée du chemin de fer à Landerneau, en 1865, donne un coup d’arrêt au trafic maritime.

Vous longez les berges pour vous diriger en douceur vers le centre-ville. Vous arrivez ensuite quai de Cornouaille, la façade « mer » du pont de Rohan commence à dévoiler ses détails. Vous passez près du pont de Caërnarfon.

Quai de Cornouaille

La mention en 1517 d’un « quay devers saint Julien » prouve l’existence d’un premier quai de pierre à cette date. Il s’agit vraisemblablement du quai de Cornouaille, parfois nommé quai Saint-Thomas. Ces premiers quais sont des quais courts et bas.

Pont de Caërnarfon

Pendant bien longtemps le pont de Rohan fut le seul moyen de franchissement de l’Elorn, non seulement pour les Landernéens voulant passer d’un quai de la ville à un autre mais également pour les habitants du Finistère souhaitant passer de Léon en Cornouaille !

Les Landernéens des quartiers ouest de la ville ne souhaitant pas se rendre jusqu’au pont de Rohan pouvaient faire appel à la barque du passeur pour franchir l’Elorn. Pendant la seconde guerre mondiale l’occupant allemand, en 1941, construit un pont de bois qui servira jusqu’en 1957, date de son remplacement par l’actuel pont de Caërnarfon.

La construction à Brest du pont Albert Louppe en 1930, va également améliorer la circulation entre le nord et le sud du département et désengorger le pont de Rohan.

Poursuivez votre circuit le long de des berges vers la base de kayak. Passez devant le site de Traon Elorn qui marque le passé industriel de ville.

Le site de Traon Elorn

Aux XVIe et XVIIe siècles l’exportation de la production rurale de toiles de lin a fait la fortune du port de Landerneau. Cette production toilière prend une forme industrielle avec la naissance en 1845 de la Société Linière du Finistère, entreprise  moderne de filature et de tissage du lin. Elle emploie jusqu’à 5 000 ouvriers, dont de nombreux Anglais, Ecossais et Irlandais. Afin de former les ouvriers bretons, les patrons de la société font appel au savoir-faire d’ouvriers écossais. Des maisons ouvrières seront construites afin de les loger (l’une des maisons, visible de la rue de la filature, a été conservée).

La proximité du port de Brest lui permet d’obtenir d’importants marchés. Elle reste l’une des entreprises les plus importantes de l’histoire de Landerneau, durant la dernière moitié du XIXe siècle.

La société linière est remplacée en 1897 par une briqueterie tuilerie. Etroitement liée à l’histoire de la construction finistérienne de ce début de siècle, la briqueterie a employé jusqu’à 200 personnes. Face à la concurrence, elle finit par fermer ses portes en 1968.

Vous revenez ensuite vers le centre-ville et apercevez l’autre façade du pont de Rohan.

Pont de Rohan

Un pont entre deux rives

Centre de gravité de la ville, le pont, dont l’existence est attestée en 1336, marque le point de passage obligé entre le nord et le sud du territoire. Un dicton illustre bien son rôle de carrefour « Quand je suis sur le pont de Landerneau, j’ai un pied en Léon et un autre en Cornouaille ». Il mesure 70 m de long et repose sur 6 arches.

Rebâti en 1510 par le Vicomte Jehan II de Rohan, il comporte en sa partie centrale un moulin ainsi que deux boutiques. Ce qui en fait un pont habité dès le début du XVIe siècle. A l’étage du moulin, qui fait aussi office de pêcherie, une prison occupe deux chambres, le meunier faisant office de geôlier. Sur ce pont, Jacques Gillart fit bâtir en 1639, une belle demeure de style Renaissance, dont les boutiques sont aménagées en salle de danses et en bains publics, au XIXe siècle.

Un pont menacé

L’entretien du pont à la charge du seigneur de Rohan nécessite, au cours des siècles, de nombreux travaux. En 1764, le duc de Rohan cède son droit de péage à la province de Bretagne, ce qui inclut l’entretien de l’ouvrage.

Fragilisé par sa fonction de passage ainsi que de nombreux sinistres, le pont menace ruine. Sa reconstruction est envisagée  au milieu du XIXe siècle, mais faute de crédits, il est simplement consolidé. Le bâtiment du moulin est endommagé par un sinistre en 1825 puis remplacé par un immeuble en 1904.

Vous longez l’Elorn, quai de Léon.

Quai de Léon

Jusqu’au Moyen-Age il n’existe aucune installation portuaire, les bateaux se contentant de l’échouage dans le « havre » de Landerneau. Les premiers aménagements ont vu le jour au tournant du XVe siècle. Tout au long du XVIIe siècle des travaux d’entretien et de réparation sont effectués sur le quai de Léon. Ce n’est qu’au siècle suivant que les grands projets de reconstruction des quais que nous connaissons actuellement se réalisent, permettant aux bateaux de fort tonnage d’utiliser le port. Avant ces grands travaux, l’Elorn traversait l’agglomération par un cours sinueux, abandonnant en son milieu d’énormes bancs de sable, de vase et de roches. Le quai de Léon est celui où sont installées les demeures de grands négociants landernéens, non loin du port et de leurs activités commerciales.

Un peu plus loin vous entrez dans le parc urbain le long du quai Barthélémy Kerros.

Quai Barthélémy Kerros

Le nom de ce quai rend hommage à un personnage landernéen, Barthélémy Kerros, originaire de Landunvez, commune côtière du nord Finistère, et qui participa au XVIIIe siècle à la grande aventure de la guerre de course et du commerce maritime. De 1750 à 1755 il est le jeune capitaine d’un navire landernéen. En 1756 durant la guerre de Sept Ans qui oppose la France à l’Angleterre il obtient des lettres de marque du roi et devient corsaire à bord du « Furet », et capture ainsi un navire anglais « l’Annette ».

L’aventure prend fin et son bateau est capturé par les Anglais. Il s’établit ensuite comme négociant et armateur à Landerneau, reprend l’hôtel d’armateur construit en 1667 par les négociants Duthoya. Il devient administrateur de l’hôpital de Landerneau en 1772 puis maire en 1780. Il meurt en 1805.

Vous profitez maintenant de la quiétude et de la verdure des berges. Vous continuez votre balade et passez sous le pont levant pour découvrir la nature à proximité du centre-ville. Devant la base nautique remontez à droite. Vous redescendez le long de la rivière et revenez à votre point de départ.